28 Avril 2011 "HOUCE" Souslatente

Publié le 29 Avril 2011

 


Marlaine Bournel: Laboratoire d'observation pudique

Alors que Sous La Tente est en partance vers sa nouvelle station, le cycle de 4 secondes expositions personnelles (Anne Dubois-Kremer - adensI - William Acin - Marlaine Bournel) s'achève par l'installation de cette dernière. Marlaine joue un rôle particulier Sous La Tente; prépondérant. Elle est la première a avoir présenté un programme (Enora Lalet, Céline Michelena, Carnets d'artistes.. qui se poursuit prochainement) tout en présentant son travail personnel dans le lieu (Adoption des chaussettes). Démocratisant cette idée du partage et de la rencontre tout en tissant du lien nouveau (Quand un artiste a son mot à dire dans la programmation). Elle a opté pour sa seconde exposition personnelle et nous révélera d'autres pistes qui mènent... pour que nous puissions avancer et comprendre sur son sentier son implication; et dans le monde artistique bordelais, et dans son rapport à l'autre, comme vis à vis d'une société, qu'il est devenu commode de nommer; celle du spectacle.

J'étais parti pour écrire le the texte. Elle a freiné l'élan dans sa pente. La surprise dans notre société spectaculaire n'a plus cours tant nous devons tout savoir avant de nous rendre compte par nous même. Nous nous devons de respecter, de demeurer dans les bordures des cadres, au centre des marges; si toutefois nous sommes dans ce périmètre, ou bien au contraire, d'exploiter cette belle courbe, comme dans un Port de la Lune catapulté patrimoine Unescien avec l'ensemble de sa périphérie, mais en aucun cas d'en découdre avec ce tissu léger qui accompagne le foisonnement de la chair dans son empaquetage. Dans une ère portée par les ambitions fastoches et le commerce triangulaire: médias publicitaires - produits culturels dérivés - lieux subventionnés, nous avons besoin d'air nouveau. Pas forcément de l'oxygène de la montagne mais d'un air, d'un ton, d'une attitude soutenus et la chronique de votre serviteur pré et post intervention doit, elle aussi, être rafraîchie, débroussaillée, rendue plus habitée pour que vous puissiez partir explorer dans les méandres des propositions plastiques, l'univers de chacun des artistes.

Je vais donc juste écrire que le projet Houce de Marlaine Bournel est construit comme (enfin !) dans cette part de travail introspectif de l'artiste, lié au sentiment puissant cette fois, de privilégier autant la forme que l'idée. C'est à dire souvent ce qui me rapproche de l'Art dans toute sa quintessence jolie, là où sommeillent des concepts de plus en plus élaborés. Je me suis souvenu des esthétiques confrontations de mon enfance et des claques prises devant un Jean-Michel Atlan par exemple comme quarante ans plus tard devant le travail de Juan Munoz.

Marlaine Bournel n'a pas souhaité que je m'extasie sur son installation, ni n'en dévoile les coutures et les broderies. Je voulais offrir ce texte. Il n'en sera rien. Je voulais me glisser dans les interstices sous les portes, entre la doublure et l'étoffe, observer la lumière en dedans, me réchauffer les pieds dans l'âtre un instant. Impossible. Je sais ce qu'il va se passer et pourtant je reste muet. L'artiste va me mettre dehors, alors que je pensais réellement séjourner au chaud dans son concept. C'est le tout bon des instants Sous La Tente. Le passage.. au moment ou l'invité réalise qu'il a la main et va dérouler son fil de soi.Ce merveilleux moment où je m'écrase. Marlaine Bournel n'est plus invitée, elle est désormais une partie de la toile de la tente. Et vous allez être témoins acteurs et passeurs encore une fois mais d'une autre façon.. peut-être celle que je préfère. Donateurs, modestes, silencieux et spectateurs.

 

Christophe Massé, Bordeaux le 16 avril 2011.

 

NB: à Frédéric spécial dédicace.

Rédigé par chose7

Publié dans #art

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