Août 2011 à Anne C
Marlaine Bournel
Août 2011 à Anne C
Marlaine Bournel
Je couds sans patron.
Marlaine Bournel
Dans le cadre de la programmation SousLaTente
Marlaine Bournel présente
Douce Lartigue
"Prendre Contact"
exposition
samedi 18 juin 2011
de 11 à 21heures
Ne pas toucher !
Voici l'injonction menaçante que l'on peut entendre ou lire dès que l'on approche d'un peu trop près une oeuvre dans une salle d'exposition. Le travail de Douce Lartigue, qui a appris le braille, place la question du toucher "réel" au centre de sa pratique sculpturale. Partant du constat d'un manque de médiation et d'outils pédagogiques pour les malvoyants, elle consacre sa réflexion à la manipulation... A la fin de ses études à l'école des Beaux-Arts de Rennes, Douce Lartigue s'installe à Paris et développe une pratique qui prend la forme de livres-objets en braille, puis de séries d'objets d'art à cajoler, caresser, dorloter, domestiquer... Pour elle, le toucher fait sens d'abord. C'est donc par là qu'elle entame et aborde la plastique, afin de transmettre son amour de l'art en utilisant de véritables outils pédagogiques qui accompagnent la médiation d'oeuvres destinées à être appréhendées autrement.
De ces outils aux objets d'art à manipuler, elle se positionne en traductrice pour non et malvoyants. Ses recherches nous atteignent aujourd'hui par « une plastique du tactile ». Douce Lartigue interprète le braille afin de le recevoir en une véritable expérience esthétique.
Marlaine Bournel (Juin 2011)
SousLaTente:Atelier Christophe Massé
28 rue Bouquière 33000 Bordeaux (France)
Tram A arrêt place du palais
Marlaine Bournel: Laboratoire d'observation pudique
Alors que Sous La Tente est en partance vers sa nouvelle station, le cycle de 4 secondes expositions personnelles (Anne Dubois-Kremer - adensI - William Acin - Marlaine Bournel) s'achève par l'installation de cette dernière. Marlaine joue un rôle particulier Sous La Tente; prépondérant. Elle est la première a avoir présenté un programme (Enora Lalet, Céline Michelena, Carnets d'artistes.. qui se poursuit prochainement) tout en présentant son travail personnel dans le lieu (Adoption des chaussettes). Démocratisant cette idée du partage et de la rencontre tout en tissant du lien nouveau (Quand un artiste a son mot à dire dans la programmation). Elle a opté pour sa seconde exposition personnelle et nous révélera d'autres pistes qui mènent... pour que nous puissions avancer et comprendre sur son sentier son implication; et dans le monde artistique bordelais, et dans son rapport à l'autre, comme vis à vis d'une société, qu'il est devenu commode de nommer; celle du spectacle.
J'étais parti pour écrire le the texte. Elle a freiné l'élan dans sa pente. La surprise dans notre société spectaculaire n'a plus cours tant nous devons tout savoir avant de nous rendre compte par nous même. Nous nous devons de respecter, de demeurer dans les bordures des cadres, au centre des marges; si toutefois nous sommes dans ce périmètre, ou bien au contraire, d'exploiter cette belle courbe, comme dans un Port de la Lune catapulté patrimoine Unescien avec l'ensemble de sa périphérie, mais en aucun cas d'en découdre avec ce tissu léger qui accompagne le foisonnement de la chair dans son empaquetage. Dans une ère portée par les ambitions fastoches et le commerce triangulaire: médias publicitaires - produits culturels dérivés - lieux subventionnés, nous avons besoin d'air nouveau. Pas forcément de l'oxygène de la montagne mais d'un air, d'un ton, d'une attitude soutenus et la chronique de votre serviteur pré et post intervention doit, elle aussi, être rafraîchie, débroussaillée, rendue plus habitée pour que vous puissiez partir explorer dans les méandres des propositions plastiques, l'univers de chacun des artistes.
Je vais donc juste écrire que le projet Houce de Marlaine Bournel est construit comme (enfin !) dans cette part de travail introspectif de l'artiste, lié au sentiment puissant cette fois, de privilégier autant la forme que l'idée. C'est à dire souvent ce qui me rapproche de l'Art dans toute sa quintessence jolie, là où sommeillent des concepts de plus en plus élaborés. Je me suis souvenu des esthétiques confrontations de mon enfance et des claques prises devant un Jean-Michel Atlan par exemple comme quarante ans plus tard devant le travail de Juan Munoz.
Marlaine Bournel n'a pas souhaité que je m'extasie sur son installation, ni n'en dévoile les coutures et les broderies. Je voulais offrir ce texte. Il n'en sera rien. Je voulais me glisser dans les interstices sous les portes, entre la doublure et l'étoffe, observer la lumière en dedans, me réchauffer les pieds dans l'âtre un instant. Impossible. Je sais ce qu'il va se passer et pourtant je reste muet. L'artiste va me mettre dehors, alors que je pensais réellement séjourner au chaud dans son concept. C'est le tout bon des instants Sous La Tente. Le passage.. au moment ou l'invité réalise qu'il a la main et va dérouler son fil de soi.Ce merveilleux moment où je m'écrase. Marlaine Bournel n'est plus invitée, elle est désormais une partie de la toile de la tente. Et vous allez être témoins acteurs et passeurs encore une fois mais d'une autre façon.. peut-être celle que je préfère. Donateurs, modestes, silencieux et spectateurs.
Christophe Massé, Bordeaux le 16 avril 2011.
NB: à Frédéric spécial dédicace.
Interrogateur:Pourriez vous nous en dire un peu plus à propos de cet appel aux doublures, lancé le 8 Avril 2011?
Marlaine Bournel:Je travaille actuellement sur la confection d'une toile, et j'ai souhaité la réaliser à partir de doublures de vêtements.Cette toile est assez grande , elle nécessite une très grande quantité de vêtements.J'ai tout d'abord vidé mes propres armoires.Enfin pas tout à fait(rire) j'ai interrogé mes proches sur les vêtements dont ils souhaitaient se défaire.Cela a généré quelques perturbations.En fait j'ai une amie qui m'a déposé le manteau d'hiver de sa fille, quand celle ci-est passée à mon atelier pour me rendre visite , elle a vu son manteau éventré, cela lui a provoqué un choc à la limite de l'indignation.Ce manteau n'était plus à sa taille, il etait tout bouloché ,vraiment sans possibilité pour cet enfant de le reporter.Mais de le voir retourné, totalement défait de sa doublure au sol, présentant les formes du patron initial, et son par dessus abandonné, cette scéne est assez violente. Dans la déchirure des vêtements il y a souvent un drame.
I:Avez vous reçu beaucoup de dons de vêtements usagés depuis le début de votre appel?MB:Hé bien beaucoup en fait de proches qui se sont mobilisés dés le premier jour,puis il y a eu une fripperie dans laquelle j'étais passée pour quelques renseignements, à qui j'avais laissé mon numéro de téléphone à tout hasard et dès le lendemain, la responsable a réalisé un tri .Elle m'a cédé un sac énorme de vêtements inexploitables pour elle(gestes avec les mains et les bras)Quand àmoi ce sac représente un véritable "trésor".Et surtout, il y a eu une personne responsable du secteur insertion/textile,qui m'a sélectionné une grande quantité de vêtements à doublures, inexploitables et inutilisables pour autre chose que cette toile.Mais comme je l'envisage de très grande taille, c'est pour cela que j'ai annoncer 4 dates avant le 27 Avril.I:Où est il possible de vous déposer ces vêtements? MB:A l'Atelier c'est au 28 rue Bouquière à Bordeaux, entre 9h et 19h .I:Qu'allez vous faire avec cette toile une fois batie ? MB Je crois que ce que je vais faire importe peu, c'est ce que je fais qui est important.(sourire)je plaisante un peu mais , je pense que c'est ce que l'on vit à travers une situation qui porte une force de l'art.I:JeVous remercie de m'avoir accordé un peu de votre temps.MB:merci, avec plaisir,nous participons à présent.
Bordeaux 19 Avril 2011
Sur une invitation de Patrick Genty, dans le cadre de "les fenêtres qui parlent", à Wazemmes quartier de Lille
J'ai proposé ça:

"si on appuie trop, la maille perce" novembre 2010
(vêtements usagés,cintre,papier calque,stylo à bille)
Marlaine Bournel